La blockchain pour les nuls, partie 1 : bitcoin et les origines de la technologie blockchain

Au commencement était le Bitcoin, et le Bitcoin était auprès de Satoshi Nakamoto, et le Bitcoin était Satoshi. Il était au commencement auprès de Satoshi. C’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui.

Si vous n’avez jamais entendu parler de Bitcoin, c’est que vous avez passé les derniers mois loin de toute civilisation. Si les médias ne parlent que de ça, c’est parce que le Bitcoin pourrait potentiellement être au système financier ce que le web a été pour la majorité des métiers : une véritable révolution.

Le Bitcoin désigne à la fois un “logiciel”, un protocole, et une “monnaie” au sens où vous l’entendez, surtout si vous n’êtes pas (encore) un adepte des monnaies décentralisées. Dites vous que c’est un projet dont le but est de permettre de stocker de la valeur, et de la transmettre à d’autres, de manière mondiale et quasi-instantanée. C’est une valeur d’échange au même titre que l’euro.

La particularité du Bitcoin, c’est qu’à la différence des monnaies centralisées ou la banque joue le rôle de tiers de confiance, le Bitcoin n’en a pas besoin pour assurer la sécurité des échanges et la conservation de vos fonds.

Tous les échanges qui ont lieu en bitcoin sont diffusés de manière publique dans des blocs, et l’ensemble de ces blocs, appelé blockchain, constitue l’historique de toutes les transactions qui ont eu lieu depuis la création des premiers bitcoins.

Et la blockchain, c’est quoi ?

Que contiennent les blocs en question ? Des informations telles que “Monsieur A” a transmis 0.4 BTC à “Madame B”, et le solde des comptes de ces derniers (Solde du compte minoré de 0,4 BTC pour Monsieur A, et solde du compte majoré de 0.4 BTC pour Madame B. Tous les blocs sont enregistrés les uns à la suite des autres, permettant de remonter “une à une” l’intégralité des transactions.

Une fois qu’un bloc a été ajouté, il ne peut plus être supprimé ni modifié, car on prend en compte l’ensemble des blocs précédents pour enregistrer le prochain, que l’on passe dans une équation complexe, et une fois qu’elle est résolue, le bloc est ancré à jamais dans la chaîne. Et comme des milliers de transactions arrivent derrière, plus personne ne peut changer ce qui a été écrit avant sans devoir ré-écrire l’ensemble des transactions qui ont eu lieu après, ce qui est plus ou moins impossible. Tout ça pour dire que c’est le top du top de la sécurité.

Vous allez me dire, avec ça, on est pas très avancés : super il y a des blocs de données sur internet, ça ne va pas changer ma vie. Mais en fait si. Au sein de chaque bloc, tous les soldes de toutes les personnes qui ont des bitcoins sont inscrits. Donc lorsque vous avez téléchargé la blockchain, vous avez téléchargé les soldes de tous les utilisateurs de bitcoin.

Pour accéder à son argent, chaque personne a une clé qui permettait de déverrouiller l’accès à son solde sur la chaîne. Si vous avez 5 bitcoins, votre clé permet de faire ce que vous voulez avec vos 5 bitcoins : vous pouvez les envoyer à qui vous voulez, les dépenser, etc. Si vous m’envoyez 2,5 BTC, votre solde sera diminué de 2.5 BTC, le mien crédité de ces deux 2.5 BTC, et le tout sera enregistré dans la chaîne, et deviendra inaltérable : impossible de revenir en arrière.

Votre “clé” vous permet de déverrouiller l’accès à vos données, et donc a vos fonds,  l suffit d’imaginer une série de cadenas à 10 000 chiffres chacun, accessibles publiquement, seulement vous seul(e) savez quel code ouvre quel cadenas. C’est un peu comme votre code pour vous connecter sur le site de votre banque. Mais si c’est pareil, pourquoi c’est intéressant alors ?

Lorsque vous retirez de l’argent au distributeur, ce n’est pas « votre argent » que vous retirez, c’est de l’argent « quelconque » et votre banque diminue d’autant le solde sur votre compte, puis le transfère à une autre banque, etc…

Avec le Bitcoin, c’est différent. Vous n’avez pas besoin de banque pour que votre argent soit en sécurité. Si vous avez les clés, personne d’autre que vous ne pourra jamais en disposer. Vous n’avez jamais à vous soucier de les retirer ou quoi que ce soit : si vous avez la clé, vous pouvez déplacer votre argent et en faire ce que vous voulez : il vous suffit de donner la clé à quelqu’un d’autre.

Aucun état ne peut vous l’extirper, vous le prélever, vous le bloquer, vous interdire, vous prendre des frais. Il est en sécurité dans la blockchain. Et la blockchain est partagée partout, en même temps, entre tous les ordinateurs qui y sont connectés. N’importe qui sur la planète peut la regarder, la consulter, regarder le solde de chaque adresse, etc.

Aucun individu ne peut donc la contrôler, et comme on l’a vu plus haut, chaque bloc est infalsifiable, et tous les blocks sont inscrits les uns à la suite des autres, garantissant la sécurité des transactions sans l’intervention d’une banque. Si vous reveniez dans 10 ans, votre clé ouvrirait toujours le même solde de bitcoin si vous n’y avez pas touché. Il est donc très important de ne pas la perdre car elle seule ouvre l’accès au fonds.

Votre banque ne peut pas vous prélever d’agios ou de frais de tenue de compte, mais la blockchain ne peut pas vous rendre vos clés si vous les perdez. Ceci dit, la blockchain Bitcoin offre un autre énorme avantage : il n’y aura jamais plus de 21 000 000 de bitcoin en circulation. Pour l’instant, à chaque nouveau bloc, un bitcoin est donné à la personne qui a réussi à inscrire le block.

Dès lors que les 21 millions de bitcoin auront été émis, le programme cessera d’émettre de nouveaux bitcoins : tous ceux qui existeront pourront continuer à circuler, mais il n’y en aura plus de nouveau. Cela permet de lutter contre l’inflation et de fabriquer de l’argent qui n’existe pas.

A l’heure actuelle, pour financer une guerre par exemple, une banque centrale peut décider d’imprimer x milliards de dollars et de les allouer à l’armée : sur les comptes en banque ça fait joli : il y’a plein de zéros et on peut payer les soldats. Sauf qu’en fait, il vient d’où cet argent qui paye les soldats ?

Il vient de nulle part. Il n’existe que parce que la banque a décidé qu’il existait. Et pour le rembourser, on se dit que, après la guerre, on pourra faire des contrats, des ventes de ressources, des investissements, tous dans la monnaie de la banque centrale, et que ce sont ce fonds qui serviront à rembourser, un jour.

Cette course en avant perpétuelle fait que des milliards de dollars se retrouvent en circulation, dans les poches des gens, qui les dépensent etc, alors qu’ils ne correspondent à rien de réel : il n’y a pas eu de richesse créée, ni de découvertes scientifiques, ni de ventes, etc. Les prix des actifs financiers augmentent car il y a plus de liquidités qui sont injectées, et pendant ce temps là on sur-consomme avec de l’argent fictif, et on se retrouve dans une fuite en avant où des pans entier de l’économie se retrouvent gonflés et à exploser.

C’est en partant de ce constat qui a amené à la crise de subprimes que la première blockchain a été créée.

Pour remettre l’argent dans les mains des gens, le permettre de le dépenser, sans banques centrales, et sans inflation monétaire. Dans la blockchain, comme le solde de tous les comptes est inscrit dans chaque bloc, il est impossible de dépenser de l’argent qui n’existe pas. Et comme tous les blocks sont inscrits les un à la suite des autres, on peut remonter l’ensemble de toutes les transactions qui ont lieu depuis le premier block. Et tout est public. Impossible de tricher. Impossible de voler. Impossible de modifier.

Et comme rien n’est centralisé à travers des dizaines de milliers d’ordinateurs, même si vous arrêtez un ordinateur, les autres continuent tranquillement à tourner entre eux. Voilà donc pourquoi le Bitcoin est la première et la plus grosse des blockchains, et en partie pourquoi sa vulgarisation menace directement le rôle des états et des banques dans la production de richesse / monnaie.

Open Source ? Mais encore ?

Il est aussi important de comprendre le concept de code « open source » pour la blockchain. car la question de savoir “qui contrôle le bitcoin” pourrait émerger. Le code informatique de bitcoin est public sur internet, c’est à dire que tout le monde peut le voir, regarder comment il est construit. On peut en faire une copie et modifier celle ci, mais on ne peut pas modifier le code originel. Il existe, et il tourne partout dans le monde en même temps, et c’est tout, c’est comme ça.

Vous pouvez interdire aux gens de s’y connecter, de s’en servir, il ne cesse pas d’exister tant qu’il reste des gens qui sont dessus. Quand bien même tout le monde serait déconnecté, il n’y aurait alors pas de changements dans, la blockchain, jusqu’à ce que quelqu’un publie une transaction, selon les mêmes règles que celles qui ont toujours existé.

Ca c’est pour Bitcoin, la première blockchain. Suite à son lancement, beaucoup de développeurs ont essayé d’appliquer ce concept de blocks décentralisés, publics, et immuables, et de l’appliquer à d’autres domaines. Je sais ça semble boring mais ca va devenir plus intéressant si vous êtes assez imaginatif…

Rendez vous au prochain épisode !

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